Articles et nouvelles
La Russie a violé les droits de Ioukos, selon Strasbourg
Le Figaro - Figaro économie
21 September 2011
La Cour européenne des droits de l'homme constate, dans un arrêt publié hier, la violation des droits fondamentaux de l'ex-société pétrolière Ioukos par l'État russe. Les juges de Strasbourg estiment cependant que « la Russie n'a pas détourné de procédure judiciaire pour détruire Ioukos. Une conclusion saluée hier par Moscou. Ioukos a été dépecé au profit du groupe public Rosneft. Initiée en 2004 par les actionnaires de Ioukos, cette procédure ne concerne pas l'ex-patron du groupe, Mikhaïl Khodorkovski, en prison depuis 2003.
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Pétrole et gaz : Rosneft va exploiter l'eldorado arctique avec ExxonMobil
Le Monde
1 September 2011
Depuis l'échec de son partenariat avec BP, la major publique russe cherchait un nouvel allié pour accéder aux réserves de la mer de Kara.
L'événement a été annoncé, mardi 30 août, depuis la résidence estivale du premier ministre russe Vladimir Poutine à Sotchi, sur les bords de la mer Noire. Trois mois et demi après l'échec de son alliance avec la major britannique BP, Rosneft, le numéro un du pétrole russe, a trouvé un partenaire pour partir à la conquête de l'eldorado arctique.
Le groupe était en quête d'un nouveau partenaire étranger depuis la fin du " deal du siècle " avec BP. Célébré en janvier 2011, le mariage devait être finalement annulé, cinq mois plus tard, par TNK-BP (les partenaires russes de BP en Russie), prompts à y voir une atteinte à leurs intérêts.
La major publique russe a choisi de s'allier au géant américain ExxonMobil pour exploiter les vastes réserves offshore d'hydrocarbures en mer de Kara, un territoire de 126 000 kilomètres carrés.
L'accord final a été signé, mardi, entre Edouard Khoudaïnatov, le PDG de Rosneft, et Neil Duffin, le président d'ExxonMobil Development, sous l'égide de M. Poutine et d'Igor Setchine, le vice-premier ministre russe chargé de l'énergie. Le document prévoit un investissement de départ de 3,2 milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) - à la charge d'ExxonMobil - pour explorer les sites réputés riches en hydrocarbures de la mer de Kara (Arctique russe) et, aussi, de la mer Noire (au large de Touapsé), soit " les zones offshore parmi les plus prometteuses et les moins explorées de la planète ", dit le communiqué commun. C'est la première fois qu'une société pétrolière étrangère accède à la région arctique convoitée.
" De nouveaux horizons s'ouvrent. Une des principales compagnies au monde, ExxonMobil, va travailler sur le plateau russe et en eaux profondes ", a déclaré M. Poutine. Au total, les investissements dans l'eldorado arctique et en mer Noire s'annoncent vertigineux. Ils pourraient s'élever à 500 milliards de dollars. " Ça fait peur ", a résumé le chef du gouvernement.
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La guerre froide est bien finie
La Tribune
1 September 2011
L'accord signé mardi entre la compagnie d'État russe Rosneft et la major américaine ExxonMobil est symbolique à plus d'un titre. Au-delà du strict aspect pétrolier de l'opération, qui reste évidemment la motivation de l'entente, ce deal illustre l'évolution des positions des deux camps issus de la guerre froide. Il y a en effet dix ans, au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York, Washington et Moscou célébraient une « grande alliance » pour lutter contre le terrorisme international islamiste. Et le président de l'époque, Vladimir Poutine, critiqué pour la répression de la résistance islamiste en Tchétchénie, se disait prêt à livrer du brut à l'Oncle Sam pour compenser en cas de besoin l'or noir de l'Arabie Saoudite. Mais cet axe russo-américain avait fait long feu.
La volonté unilatérale du président Bush de renverser les régimes en Iran, en Irak et en Afghanistan, « l'axe du mal », n'avait pas été du goût de la Russie qui voyait ses intérêts dans ces pays remis en cause. Les relations s'étaient aussi envenimées après l'arrestation en 2003 par les autorités russes de Mikhaïl Khodorkovski, patron alors de Yukos, première compagnie pétrolière privée du pays. Le Kremlin n'acceptait pas que l'oligarque soit prêt à céder le capital de Yukos à des intérêts étrangers, notamment la compagnie américaine... ExxonMobil.
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Confrontée à une fuite record de capitaux, la Russie tente de moderniser son économie
6 April 2011
Le Monde
M. Medvedev ne veut plus de ministres au conseil des sociétés publiques
Le président russe, Dmitri Medvedev, a donné jusqu'au 1er juillet au premier ministre, Vladimir Poutine, pour enjoindre à ses ministres de démissionner des conseils d'administration des grands groupes publics, caractérisés par leur mauvaise gouvernance et leur opacité. " Le remplacement des membres du gouvernement par des directeurs indépendants peut avoir un effet sur la qualité de la gestion ", a justifié Arkadi Dvorkovitch, le conseiller économique du Kremlin.
A ce jour, ce sont dix-sept membres du gouvernement de M. Poutine qui siègent aux conseils d'administration des vaisseaux amiraux de l'économie russe.
Igor Setchine, numéro deux du gouvernement, chargé de l'énergie, dirige Rosneft, la compagnie pétrolière devenue le numéro un du secteur après avoir capté les actifs de Ioukos ; Alexeï Koudrine, le ministre des finances, est, lui, à la tête du conseil d'administration de la banque VTB ; Igor Levitine, le ministre des transports, préside celui d'Aeroflot ; Viktor Zoubkov, premier vice-premier ministre, préside aux destinées de Gazprom et de la banque " agricole " Rosselkhozbank.
Coup de balai cosmétique
Réduire l'emprise de l'Etat est un vieux serpent de mer. Sitôt élu en mars 2008, M. Medvedev l'avait mis en avant mais ses plans avaient été contrariés par la crise. L'Etat avait dû intervenir pour sauver les meubles. Le président revient désormais à son projet initial. Mais les spéculations vont bon train. A moins d'un an de la présidentielle de 2012, M. Medvedev serait, dit-on, prêt à s'opposer à son mentor, M. Poutine, en écartant ses proches des groupes publics.
Les regards se tournent vers M. Setchine, " tsar " de l'énergie et fidèle de longue date de M. Poutine. A la tête de Rosneft depuis 2006, cet ex-interprète de l'armée soviétique rêve d'en faire une multinationale. Le rapprochement avec le britannique BP, un échange de participations croisées d'une valeur de 16 milliards de dollars (11,3 milliards d'euros), désormais bloqué, était son projet. Réclamer son départ de Rosneft, c'est s'attaquer au puissant clan des " siloviki ", ces anciens des services de sécurité et de l'armée fidèles à M. Poutine et dont il est le chef de file.
En réalité, le coup de balai de M. Medvedev est cosmétique. M. Setchine aura beau laisser son poste - non rémunéré - au conseil d'administration de Rosneft, son influence au sein de la major, détenue par l'Etat à 75 %, sera intact tant qu'il aura la haute main sur le secteur énergétique au sein du gouvernement.


